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Organisation: mission impossible?

« J’ai pas le temps »

« Je suis tout le temps débordée »

« C’est facile à dire mais moi c’est pas pareil »

Spoiler alert légèrement provoc : si en fait, c’est pareil.

On peut toujours se trouver tout un tas de raisons pour voir les problèmes mais pas leurs éventuelles solutions, et on en a même carrément le droit.

Toutefois, ça ne sera pas vraiment la tonalité de l’article qui va suivre, et dont le contenu pourrait donc fortement vous agacer si vous êtes en mode « ouais mais moi… »

C’est quelque chose qui revient tellement souvent dans mes accompagnements que ça finit pas devenir un running gag, je vous assure.

Voilà, vous êtes prévenu·e·s, on peut y aller.

Oui, chaque situation est différente.

Oui, chaque personne présente ses propres spécificités et les solutions de l’une ne seront pas celles de l’autre.

Je ne partagerai ici que celles que j’ai pu tester, et depuis plus de 6 ans que je suis maman solo à plein temps, dont un peu plus d’un an à cumuler deux jobs, et maintenant quelques mois d’entreprenariat à 100 %, j’ai fait quelques essais, plus ou moins fructueux.

Sentez-vous libre d’y piocher ce qui vous paraît utile, et de laisser le reste. Et si vous voulez tout laisser parce que « vous ce n’est pas pareil », faites.

Petit flashback histoire de vous donner une idée d’ensemble du parcours de recherche d’optimisation du temps qui a été, et est toujours, le mien.

Fin 2016, je me retrouve seule à plein temps avec mes 2 enfants, qui ont alors 13 et 6 ans. Je suis dans une période très difficile moralement depuis déjà un an, je suis épuisée, je traverse un burn-out émotionnel, et les circonstances dans lesquelles je me retrouve seule entraînent une charge mentale particulièrement lourde.

Je bosse à plein temps (et non, être prof à plein temps ce n’est pas travailler 18 heures par semaine, croix de bois, croix de fer…), et j’ai encore la fâcheuse manie de vouloir absolument tout gérer seule. Sois forte ou ne sois rien, tel est mon credo.

Bref, je n’ai plus de jus, je rêve de journées de 48h, durant lesquelles je ne dormirais probablement pas plus que les 5 ou 6 heures que j’arrive parfois péniblement à grappiller. Je maudis le sort, je me noie sous les tâches, mon cerveau bouillonne H24.

Autant vous dire que trouver la motivation pour faire tout ce qui doit être fait n’est pas toujours chose aisée.

La motivation, c’est multi-factoriel. Ce n’est pas juste une question de se sortir les doigts, non.

C’est aussi composer avec son environnement, avec son état de santé physique et mentale, avec les sollicitations extérieures, avec les imprévus, et j’en passe. La motivation ne dépend pas que de soi. L’auto-discipline, en revanche, c’est autre chose, nous y reviendrons plus loin.

Je commence à oublier des trucs importants, je n’arrive pas à trier ce qui est urgent de ce qui ne l’est pas, je me mets une pression d’enfer.

Aujourd’hui, je pense pouvoir dire que je ne gère pas trop mal.

Je suis toujours maman solo à temps plein, même si mes enfants sont aujourd’hui plus grands et donc plus autonomes, je gère mon activité en libéral, avec tout ce que ça implique en coulisses (formation continue, marketing, communication, supervision, etc), et j’arrive à prendre du temps pour moi.

Mais comment donc est-ce possible ? Par quel miracle ?

Je vous le dis d’emblée, ce n’est pas du talent.

Mon talent premier c’est de passer mes journées à lire en buvant du thé.

Je crois que je suis la réincarnation d’un chat. Et pas un chat de gouttière obligé de chasser pour survivre hein. Non, non, un chat royalement flemmard, un chat-pacha.

Mais un chat qui ne tient pas trop en place tout de même. Parce que oui, j’ai la bougeotte.

La bougeotte dans ma tête, mais aussi dans mon corps. Je ne serais pas très surprise que le diagnostic de HPI en cache un autre, non posé, de TDA-H. Comme je n’en ai pas la preuve et que je ne suis pas partisane des auto-diagnostics, je ne vais rien affirmer, mais je l’évoque tout de même parce que c’est loin d’être anodin quand on cherche à s’organiser au quotidien.

La première étape utile, à mon sens, est de comprendre comment vous fonctionnez. Sans ça, vous allez partir dans tous les sens, piocher dans tous les conseil de développement personnel et de productivité qui existent, et vu la quantité de l’offre, vous n’êtes pas sortis des ronces.

Comprendre comment on fonctionne, ça nécessite observation et collecte d’informations.

J’ai longtemps été très hermétique à la collecte de data, et je vois d’ici une personne en particulier sourire en coin en se disant « Ah bah c’est pas dommage ! Depuis le temps que je le dis que les data c’est la vie. »

Alors oui, je l’écris ici et tu pourras donc utiliser cet article contre moi à loisir : Tu avais raison.

(je sais que je vais le regretter, je le sais…)

Vous pouvez déjà commencer par établir à quel chronotype vous appartenez.

Dans son livre « Quand ? Faites votre révolution chronobiologique »(Ed. Belfond), le Dr Michael Breus distingue 4 types différents, en lien avec nos rythmes circadiens : les profils dauphin (qui représentent environ 10 % de la population), les loups (20%), les lions (20%) et les ours (50%).

Personnellement, je suis du type dauphin (avec une touche de lion).

J’ai besoin d’assez peu de sommeil, que j’ai très léger.

Je suis plus efficace le matin que l’après-midi, même si j’ai souvent un regain d’énergie en seconde partie d’après-midi. Par contre en soirée il ne faut plus compter sur mes neurones.

Je suis très sensible aux stimuli et j’ai besoin d’un environnement de travail calme pour me concentrer. Un open-space, c’est l’enfer sur Terre pour moi,si je dois en passer par là c’est casque anti-bruit obligatoire.

Si vous souhaitez savoir à quel profil vous appartenez, voici quelques liens vers des tests en ligne :

https://form.typeform.com/to/hg3tayAR?typeform-source=www.thebboost.fr (quiz de l’incroyable Aline Bartoli de The Bboost : https://www.thebboost.fr/ )

Et un autre ici https://www.sensetsante.fr/test-quel-animal-etes-vous/.

Une fois le test fait, vous pourrez trouver pas mal de pistes pour en tenir compte au quotidien ici :

https://www.doctissimo.fr/psychologie/developpement-personnel/epanouissement-personnel/activite-selon-chronotype

Le livre « Miracle Morning » me semble avoir été écrit par un lion, pour des lions. Je vois par exemple assez mal un profil loup en tirer bénéfice. D’où l’importance de partir de soi dans sa quête de solutions.

Bien évidemment, comme n’importe quel outil, le chronotype n’est pas parfait. Tout ne vous correspondra pas forcément dans la description de celui auquel vous appartenez. Vous ajusterez en fonction de votre propre auto-observation.

Tenir un journal vous permettra de noter les variations dans votre énergie et votre productivité.

Un carnet et un stylo, des notes dans votre smartphone, ou bien une appli du type Daily Bean sont d’excellents outils pour ça.

Vous verrez rapidement que votre énergie varie en fonction de certains paramètres, mais aussi en fonction de cycles naturels (le cycle menstruel, le cycle des saisons…)

Je fais par exemple tout mon possible pour alléger mon planning de rendez-vous durant les 2 premiers jours de mon cycle. Je sais que je n’ai pas d’énergie, une capacité d’attention à l’autre réduite par rapport aux autres jours, que je suis plus irritable et que j’ai beaucoup plus de mal à gérer mon hyper empathie.

Alors oui, j’ai la chance de pouvoir moduler mon planning comme je le souhaite, et ce n’est pas le cas de tout le monde, mais ça n’empêche pas que cette connaissance de soi peut permettre de faire preuve de plus de bienveillance envers soi-même une fois que l’on sait qu’on en a particulièrement besoin à certains moments.

J’ai toujours eu besoin d’être à l’air libre. Passer 8 heures enfermée dans un bâtiment sans sortir, c’est totalement contre productif pour moi.

Lorsque j’enseignais, j’accompagnais fréquemment mes collègues fumeurs lors de leur pause cigarette pour m’octroyer quelques instants en extérieur avant de retourner en classe.

Aujourd’hui, je prends le temps de sortir quelques instants entre chaque séance. C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles j’apprécie particulièrement la visio.

Elle me permet de travailler de chez moi, et de m’accorder régulièrement 5 minutes au bord de la rivière qui circule à quelques mètres de là .

Et honnêtement, ça change tout à ma capacité de présence à l’autre, et à mon bien-être à moi.

Si vous êtes comme moi, vous pouvez tenter de faire une pause en extérieur de temps en temps, et voir si cela vous aide à regagner en énergie et en concentration.

N’hésitez pas non plus à tracker votre temps.

Vous connaissez peut-être déjà la loi de Parkinson, qui stipule que plus on dispose de temps pour effectuer une tâche, plus celle-ci nécessitera de temps.

En gros, si vous vous accordez une semaine pour boucler un dossier au boulot, il y a fort à parier que vous y passerez effectivement une semaine. Auriez-vous pu le boucler en 3 jours si vous vous étiez fixé ce délai ? C’est possible. Pas sûr, mais possible, et ça peut valoir la peine de tenir compte de cette loi dans votre organisation.

Il m’est, à titre personnel, très difficile, sans outil extérieur, d’estimer, même a posteriori, le temps que me prend une tâche. Si je fais un truc que j’aime, je vais facilement avoir tendance à minimiser le temps que ça me prend. Je vais aussi plus facilement m’y immerger pendant des heures. Si ça me soûle, en revanche…ça va me paraître sans fin et la moindre mouche qui pète aura raison de ma concentration.

Il existe des outils gratuits comme https://toggl.com/ qui permettent d’enregistrer le temps qu’on passe à faire ceci ou cela.

C’est très utile pour pouvoir ensuite s’appuyer sur une autre loi, celle de Pareto, pour déterminer ce qui est réellement prioritaire pour atteindre vos objectifs.

Selon le principe de Pareto, 80 % des effets sont le produit de 20 % des causes.

On peut l’appliquer à énormément de secteur de notre vie…on a tendance à utiliser 20 % du contenu de notre armoire 80 % du temps, on a tendance à cuisiner 20 % de ce qu’on aime manger 80 % du temps, et 20 % de nos actions vont prendre 80 % de notre temps.

Or, ce qu’on recherche, c’est plutôt de faire en sorte de trouver les 20 % d’actions qui vont nous donner 80 % des résultats souhaités, pour les rendre prioritaire dans notre quotidien.

C’est ce qui me permet aujourd’hui de faire des To-do lists et du « time blocking » efficaces.

J’adore les To-Do lists aujourd’hui, mais elles ont été mon cauchemar pendant un bon moment.

J’étais obligée de noter pour ne pas oublier trop de choses, mais j’étais incapable de prioriser. Tout me paraissait urgent. Mes listes étaient donc très longues, ce qui accentuait encore plus ma charge mentale et mon sentiment de ne jamais en faire assez.

Aujourd’hui, je distingue :

– ce qui est urgent (payer les factures, m’assurer qu’il y a de quoi manger dans le frigo, sortir mon chien…)

– ce qui est prioritaire (ce qui fait réellement avancer mon activité professionnelle : les séances, la préparation de contenus, la rédaction de cet article, mais aussi ce qui me permet de prendre soin de moi)

– tout le reste.

Ma règle: pas plus de trois priorités par semaine, pas plus de 3 par jour. Et oui, dans ces priorités, il y a prendre soin de moi, et je bloque du temps pour ça, sinon ça passe à la trappe.

Le time-blocking, c’est le fait de se fixer des temps spécifiques pour accomplir ce qu’on a à accomplir. Si je ne le fais pas, je me fais bouffer par la loi de Parkinson, ou bien je me perds dans la procrastination active en faisant plein de trucs qui ne me servent pas à grand-chose. Et bien évidemment, je n’ai plus un moment pour moi.

Comme en plus je suis particulièrement sensible aux distractions, je sais que, sur les temps que je réserve à mes priorités, je dois couper les notifications de mon téléphone, sinon je déborde. J’utilise aussi beaucoup la méthode Pomodoro (25 minutes de travail intensif, 5 minutes de pause, et 20 minutes de pause au bout de 4 cycle)

Pour les To-Do listes, si vous aimez le bon vieux papier-stylo, les carnets de https://womenwarriors.fr/ sont ceux que je préfère. Vous avez aussi des appli comme Trello, ou la méthode du Kanban.

Vous pouvez aussi utiliser une ardoise et des feutres. Si vous optez pour ce support, je vous conseille de ne pas effacer au fur et à mesure les tâches que vous aurez accomplies, sans quoi vous pourriez avoir la fausse impression de ne pas avoir fait grand-chose.

Il existe bien évidemment une multitude d’outils pour vous aider à vous organiser de manière efficace et à augmenter votre productivité, si tel est votre objectif. N’hésitez pas à tester, même si ça ne vous convient pas ça vous permettra de réfléchir au « pourquoi » et d’en tirer des enseignements pour la fois suivante.

Continuer à tester jusqu’à ce que vous trouviez ce qui vous correspond ne dépend que de vous et de votre auto-discipline.

Il peut également y avoir une multitude de freins qui vous empêchent d’alléger votre charge mentale. Si ce ne sont que des éléments extérieurs, revoir les priorités et l’organisation en tenant compte à la fois de vos propres besoins et de ces contraintes devrait pouvoir vous soulager.

S’il s’agit plutôt d’éléments internes (croyances, blocages émotionnels, loyautés transgénérationnelles, etc), un accompagnement personnalisé en hypnose, PNL, TCC ou tout autre méthode de votre choix vous sera très certainement d’une grande aide.

C’est d’ailleurs souvent quand on essaie de mettre en place les outils qu’on s’aperçoit que quelque chose bloque…quand on trouve toutes les raison possibles de ne pas tester, ou d’abandonner au bout de quelques heures, parce que « vous comprenez bien que pour moi c’est pas pareil »

Et si vous souhaitez que nous en discutions ensemble, vous pouvez cliquer sur le bouton Calendly en bas de votre écran (je propose toujours un appel gratuit afin que vous puissiez déterminer si ce que je propose peut vous convenir avant de vous engager sur une séance payante) ou m’envoyer un message.

Allez, je file, le temps imparti à la rédaction de cet article se termine dans quelques secondes.

Cyril N. Parkinson avait raison, lui aussi.

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